« Contrairement aux feux classiques, un incendie d’hydrogène est quasiment invisible à l’œil nu »

Face à l’essor des véhicules et équipements fonctionnant à l’hydrogène sur les plateformes aéroportuaires, la sécurité incendie doit s’adapter à ce nouveau défi. Pour anticiper ce risque émergent, le centre français de formation des pompiers d’aéroport (C2FPA) a développé une formation spécifique. Son directeur, Thierry Gressier, nous explique les enjeux et les solutions mises en place.

Pourquoi le feu hydrogène représente-t-il un enjeu particulier pour les pompiers d’aéroport ?
Thierry Gressier : Contrairement aux feux classiques, un incendie d’hydrogène est quasiment invisible à l’œil nu. Sa flamme ne produit que très peu de rayonnement et atteint des températures extrêmement élevées. Un pompier peut donc se retrouver à proximité du feu sans le percevoir immédiatement. De plus, l’extinction d’un feu hydrogène requiert des techniques spécifiques : il ne s’agit pas simplement d’asperger de l’eau ou de la mousse, mais d’adopter une approche adaptée, utilisant notamment des caméras thermiques et des procédures bien précises.

Aujourd’hui, la réglementation impose-t-elle aux pompiers d’aéroport d’être formés aux feux hydrogène ?
T.G. : Non, il n’y a pas encore d’obligation réglementaire stricte, ce qui peut sembler paradoxal alors que l’hydrogène se développe de plus en plus dans le secteur. Actuellement, les pompiers d’aéroport sont avant tout formés à la gestion des incendies d’aéronefs et de carburants classiques. Mais les véhicules de piste à hydrogène commencent à apparaître, et la question de la formation devient essentielle.

Votre centre de formation a récemment mis en place un programme dédié aux incendies d’hydrogène. En quoi consiste-t-il ?
T.G. : Nous travaillons avec un cabinet spécialisé qui a développé une maquette permettant de reproduire un incendie d’hydrogène dans des conditions réalistes. Ce programme forme les pompiers à détecter et intervenir sur ces feux spécifiques. L’accent est mis sur l’utilisation de caméras thermiques, la gestion des risques liés à la haute température et la mise en œuvre des procédures adaptées. C’est une formation encore unique en France, répondant à un besoin croissant avec l’essor des véhicules et équipements fonctionnant à l’hydrogène qui commencent à arriver sur les plateformes.

Photo © Freepik

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