Le trafic total de l’ensemble de l’année 2024, mesuré en kilomètres-passagers payants (RPK), a augmenté de 10,4 % par rapport à 2023. Il surpasse de 3,8 % le niveau prépandémique (2019). La capacité totale, mesurée en sièges-kilomètres offerts (ASK), est en hausse de 8,7 % en 2024. Le coefficient d’occupation des sièges a atteint 83,5 %, un record pour le trafic d’une année entière.
Cet article est extrait du n°118 – Spécial Trafic 2019-2025 d’Aéroport lemag, découvrir le sommaire !
« L’année 2024 a démontré clairement que les gens veulent voyager. Avec une croissance de la demande de 10,4 %, le nombre de voyageurs a atteint des records, tant dans les marchés intérieurs qu’à l’international. Les compagnies aériennes ont répondu à cette forte demande en déployant une efficience record. En moyenne, 83,5 % des sièges offerts étaient occupés, un nouveau record, partiellement attribuable aux contraintes des chaînes d’approvisionnement qui ont limité la croissance de la capacité. La croissance de l’aviation se répercute sur les sociétés et les économies à tous les niveaux, qu’il s’agisse d’emplois, de développement de marché, de commerce, d’innovation, d’exploration, et plus encore », a déclaré Willie Walsh, directeur général de l’IATA avant de poursuivre : « Pour 2025, tout indique que la demande va poursuivre sa croissance, bien qu’à un rythme modéré de 8,0 %, plus conforme aux moyennes historiques. Le désir de jouir de la liberté que procurent les voyages aériens met certains défis en lumière. D’abord, le tragique accident survenu à Washington nous rappelle que la sécurité exige des efforts constants. Nous ne cesserons jamais de travailler pour rendre l’aviation encore plus sûre. Deuxièmement, il y a le ferme engagement des compagnies aériennes d’éliminer les émissions nettes de carbone d’ici 2050. Alors que les compagnies aériennes ont consacré des sommes record à l’achat de carburants d’aviation durables (SAF) en 2024, moins de 0,5 % des besoins en carburant ont été comblés avec des SAF. L’offre de SAF est insuffisante et les prix doivent diminuer. Les gouvernements pourraient améliorer leur sécurité énergétique nationale et résoudre ce problème en priorisant la production de carburant renouvelable dont les SAF sont dérivés. En plus d’assurer l’approvisionnement énergétique et d’augmenter la disponibilité de SAF, on pourrait détourner une fraction des subsides consacrés à l’extraction des carburants fossiles pour soutenir la capacité énergétique renouvelable, ce qui stimulerait la prospérité en provoquant l’expansion économique et la création d’emplois », a conclu Willie Walsh.
Passagers internationaux
En 2024, le trafic international sur l’ensemble de l’année a surpassé de 0,5 % le précédent record de 2019, et toutes les régions ont connu une croissance. La capacité était de 0,9 % inférieure à celle de 2019. Le coefficient d’occupation des sièges a gagné 0,5 point de pourcentage pour atteindre 83,2 %, un record.
Dynamiques par région :
- Les transporteurs d’Europe ont vu leur trafic augmenter de 9,7 % par rapport à 2023. La capacité a augmenté de 9,2 % et le coefficient d’occupation des sièges a gagné 0,4 point de pourcentage pour s’établir à 84,1 % ;
- Les transporteurs d’Asie-Pacifique ont enregistré pour l’ensemble de l’année 2024 une hausse de 26,0 % du trafic international par rapport à 2023, conservant le taux annuel le plus élevé parmi les régions. La capacité a augmenté de 24,7 % et le coefficient
d’occupation des sièges a gagné 0,8 point de pourcentage pour atteindre 83,8 %. Même avec cette forte croissance, les possibilités de croissance supplémentaires demeurent élevées, puisque le nombre de RPK internationaux demeure inférieur de 8,7 % au niveau de 2019 ;
- Les transporteurs du Moyen-Orient affichent pour 2024 une hausse de trafic de 9,4 % par rapport à 2023. La capacité a augmenté de 8,4 % et le coefficient d’occupation a gagné 0,7 point de pourcentage pour s’établir à 80,8 % ;
- Les transporteurs d’Amérique du Nord signalent une hausse de trafic de 6,8 % en 2024, par rapport à 2023. La capacité a augmenté de 7,4 % et le coefficient d’occupation des sièges a perdu 0,5 point de pourcentage pour s’établir à 84,2 % ;
- Les transporteurs d’Amérique latine affichent une augmentation de trafic de 14,4 % en 2024, par rapport à 2023. La capacité a augmenté de 14,3 % et le coefficient d’occupation a gagné 0,1 point de pourcentage pour atteindre 84,8 %, le taux le plus élevé parmi les régions ;
- Les transporteurs d’Afrique ont enregistré une augmentation de trafic de 13,2 % en 2024, comparativement à l’année précédente. La capacité a augmenté de 9,5 % et le coefficient d’occupation a gagné 2,5 points de pourcentage pour s’établir à 74,5 %. C’est le taux le plus faible parmi les régions, mais un record pour l’Afrique.
Passagers intérieurs
La demande intérieure sur l’ensemble de l’année a atteint des records pour le nombre de passagers et le coefficient d’occupation. La meilleure performance en 2024, en termes de RPK intérieurs, revient encore à la Chine, qui a enregistré une augmentation de 12,3 % par rapport à 2023. Les autres grands marchés intérieurs ont connu une croissance stable. Notablement, le Japon a enregistré une croissance de 3,2 %, contre une baisse de capacité de 0,3 %. Seule l’Inde a subi une baisse du coefficient d’occupation (-0,6 point de pourcentage), tout en obtenant un coefficient d’occupation de 86,4 %, le taux le plus élevé parmi tous les marchés intérieurs.
Les aéroports européens dépassent enfin les niveaux pré-COVID
E n 2024, les aéroports européens ont franchi un jalon majeur : pour la première fois depuis la crise sanitaire, leur trafic passagers a dépassé celui de 2019. Selon les chiffres publiés par ACI Europe, plus de 2,5 milliards de passagers ont été enregistrés l’an dernier, soit une hausse de 7,4 % par rapport à 2023 et de 1,8 % comparé à l’année de référence pré-COVID. Cette progression repose avant tout sur la vitalité du trafic international, en hausse de 8,8 %, alors que le trafic domestique, plus lent à se redresser, demeure 6,3 % en retrait par rapport à son niveau d’avant-crise. Cette reprise n’est toutefois pas homogène. Si les grands hubs retrouvent leur vitalité, 47 % des aéroports du réseau européen restent en deçà des volumes de 2019. Les petits aéroports, en particulier, subissent un déficit moyen de 34,5 %. À l’inverse, certains marchés nationaux tirent leur épingle du jeu, comme la Pologne, l’Italie, la Grèce, ou encore l’Albanie, qui enregistre une envolée de 47,5 %. Du côté des grandes plateformes, Londres Heathrow conserve la première place devant Istanbul, Paris-CDG, Amsterdam-Schiphol et Madrid. Pour 2025, ACI Europe prévoit une croissance modérée de 4 %, mais alerte sur de multiples tensions susceptibles d’entraver la trajectoire du secteur. Comme le souligne Olivier Jankovec, directeur général : « Il ne s’agit plus de savoir si le trafic reviendra – cette question est derrière nous. Ce qui importe désormais, c’est dans quelle mesure la reprise restera vulnérable à des facteurs de déstabilisation multiples ». Il évoque notamment la pénurie d’avions disponibles, les fragilités du contrôle aérien, les incertitudes géopolitiques, mais aussi les effets potentiellement déséquilibrés de la régulation climatique. « L’aviation européenne risque d’être prise en étau entre des ambitions climatiques mal coordonnées et un marché mondial où les règles du jeu sont inéquitables », prévient-il, avant de conclure : « Nous avons passé le cap de la survie. Le vrai défi, maintenant, c’est la soutenabilité : à la fois économique, sociale et environnementale ».
Photo © Freepik
