« L’aviation décarbonée et silencieuse n’est plus uniquement un sujet de R&D. Les premiers usages sont déjà là et les aéroports régionaux seront les premiers terrains d’application », Martin Meyrier fait le bilan de l’Edeis Tour 2026

Pourquoi était-il important pour Edeis d’organiser une tournée comme celle-ci ?
M.M. : L’objectif était double. D’abord sensibiliser et partager une conviction : les opportunités liées à l’aviation décarbonée sont bien réelles et doivent être mieux connues des territoires. Ensuite, mettre en lumière les industriels qui prennent des risques et développent les solutions de demain. Nous avons aussi voulu créer un dialogue avec les élus et les acteurs locaux autour de la place que pourront occuper les aéroports dans les prochaines années. L’aviation de demain sera décarbonée, mais elle sera aussi silencieuse. Les deux sujets sont indissociables. Et les aéroports régionaux auront un rôle majeur à jouer dans cette transformation.

Quel premier bilan tirez-vous de cette édition 2026 ?
Martin Meyrier : Le bilan est très positif. Le public a répondu présent sur les quatre étapes, qu’il s’agisse d’élus, d’acteurs de l’aérien, d’industriels, d’aéroclubs ou encore du grand public. Ce qui ressort des échanges, c’est une conviction largement partagée : nous devons tous nous mobiliser pour accompagner le développement d’une aviation décarbonée. Derrière cet enjeu environnemental, il y a aussi la question des nuisances sonores et de l’acceptabilité des activités aériennes dans les territoires. Nous avons ressenti un véritable enthousiasme de la part des participants et le sentiment que des voies s’ouvrent pour réconcilier mobilité aérienne, développement territorial et responsabilité environnementale.

L’un des messages forts de cette tournée était de montrer que l’aviation décarbonée est déjà une réalité. Pourquoi était-ce important ?
M.M. : Parce qu’il faut sortir du seul débat technique. La décarbonation de l’aérien n’est pas un sujet enfermé dans des bureaux d’études ou réservé aux ingénieurs. Bien sûr, la recherche et le développement restent essentiels, mais nous avons aujourd’hui des applications concrètes. Le Velis Electro en est un bon exemple : il démontre que l’aviation électrique est déjà opérationnelle pour certains usages, notamment la formation et l’aviation de loisir. Il était important de montrer que ce n’est pas du blabla. Certaines solutions existent déjà, d’autres arrivent, et il faut permettre aux territoires, aux élus et aux usagers de s’en saisir.

Au fil des étapes, vous avez également mis en avant plusieurs constructeurs. Quel message souhaitiez-vous faire passer ?
M.M. : Nous voulions montrer à la fois le chemin déjà parcouru et les perspectives qui s’ouvrent. Avec Blue Spirit Aero, Beyond Aero, Aura Aero ou encore Electra Aero, nous avons présenté des approches différentes mais complémentaires. Derrière ces projets, il y a des ingénieurs, mais aussi des entrepreneurs et des investisseurs qui croient à l’émergence d’une aviation plus durable. Le premier niveau de transformation est déjà visible sur l’aviation légère et la formation. Le suivant concernera progressivement d’autres segments, notamment l’aviation régionale et certaines mobilités aériennes de proximité.

Vous affirmez régulièrement que les aéroports régionaux seront les premiers terrains d’application de ces nouvelles mobilités. Ce message est-il aujourd’hui mieux compris par les acteurs locaux ?
M.M. : J’ai tendance à penser que oui. Tous les échanges que nous avons eus allaient dans ce sens. Les aéroports régionaux disposent d’atouts évidents : leur taille, leur flexibilité, leur agilité et leur maillage territorial. Ce sont des terrains d’expérimentation naturels pour ces nouvelles mobilités. On voit déjà que certaines infrastructures doivent évoluer, par exemple avec l’installation de bornes de recharge électriques. C’est précisément le rôle d’un exploitant comme Edeis : préparer les plateformes à accueillir ces nouveaux usages et permettre aux territoires de saisir les opportunités qui émergent.

Photos © Edeis

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