easyJet et Airbus ont mené, entre novembre 2024 et janvier 2025, un programme expérimental qui a permis de tester un modèle de partage des coûts d’incorporation de CAD entre compagnies aériennes et entreprises.
Le projet repose sur un mécanisme où les sociétés partenaires, Airbus pour ce test, achètent une quantité déterminée de CAD pour compenser l’empreinte carbone de leurs voyages professionnels. En retour, elles reçoivent des certificats attestant de l’utilisation effective des CAD, intégrables dans leur bilan carbone (scope 3), tandis qu’easyJet comptabilise ces réductions d’émissions dans son scope 1.
Dans le cadre de cette expérimentation, 106 tonnes de CAD pur ont été utilisées sur la ligne Toulouse-Bristol, une liaison fréquemment empruntée par les employés d’Airbus. L’essai a couvert une période de trois mois, avec une incorporation de 30 % de CAD dans le carburant des vols concernés.
Déroulement de l’essai :
1. Achat des CAD : easyJet et Airbus ont déterminé une quantité spécifique de CAD pour couvrir les besoins de voyage, commandée auprès du fournisseur World Fuel Services (WFS).
2. Les CAD sont livrés à l’aéroport
3. Validation des certificats : les entreprises reçoivent alors des certificats vérifiés par un tiers, permettant d’intégrer ces réductions d’émissions dans leur bilan.
easyJet et Airbus espèrent que ce projet servira de moteur pour stimuler la demande de CAD à l’échelle mondiale. Actuellement, tous les avions Airbus sont capables de voler avec jusqu’à 50 % de CAD, et le constructeur vise qu’ils puissent fonctionner à 100 % CAD d’ici 2030.
« Aujourd’hui, les CAD sont disponibles en petites quantités, nous devons donc augmenter l’offre et combler l’écart de prix avec les carburants traditionnels. L’un des moyens pour y parvenir est de créer un signal de demande clair pour le marché », explique Julien Manhes, responsable des CAD et de la capture du dioxyde de carbone chez Airbus. « En 2024, une mégatonne de CAD a été produite dans le monde et chaque goutte a été consommée. Cet essai avait pour but de construire une économie CAD résiliente, car nous avons la technologie, nous avons les avions, nous avons juste besoin de plus de CAD. »
L’Aéroport de Toulouse-Blagnac, impliqué dans cette initiative, a notamment développé un processus de certification des CAD pour garantir la traçabilité et la conformité aux réglementations européennes. En 2024, la plateforme a assuré l’approvisionnement de 1 350 m³ de CAD 30 % et prévoit de renforcer ses capacités en 2025.

Photo ouverture © easyJet
Photo intérieure © ATB / Anne-Sophie Brocard
